Plan santé au travail 2026-2030 : les nouvelles priorités de prévention pour les employeurs

Dernière mise à jour le 12 Oct, 2026
Article par Jenifer Milanovic
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Le cap de la prévention des risques professionnels est fixé jusqu’en 2030. Le 5 juin 2026, le ministre du Travail et des Solidarités a présenté le cinquième Plan santé au travail (PST5) devant le Conseil national d’orientation des conditions de travail (CNOCT). Ce plan ne crée pas de nouvelle obligation réglementaire. Il définit en revanche les priorités qui guideront l’inspection du travail, les services de prévention et de santé au travail (SPST) et les organismes de prévention pendant cinq ans. Pour les services RH et QHSE, c’est donc une feuille de route à connaître dès maintenant. Voici ce qu’il faut retenir.

Pourquoi un nouveau plan santé au travail ?

Depuis 2004, les plans santé au travail fixent les orientations nationales de prévention. Ils sont élaborés par l’État avec les partenaires sociaux et les acteurs institutionnels comme l’INRS. Le PST5 prend la suite du plan 2021-2025, sur fond de chiffres qui ne s’améliorent plus :

  • 824 accidents du travail mortels en 2024 (764 au régime général, 60 au régime agricole), un niveau stable depuis les années 2010 ;
  • +26 % d’accidents du travail chez les femmes entre 2000 et 2023 ;
  • 9,1 millions d’arrêts de travail indemnisés entre 2019 et 2024.

Un plan unique, décliné en régions

Première évolution : le PST5 intègre désormais le plan pour la prévention des accidents du travail graves et mortels, qui existait jusqu’ici séparément. Les actions à destination des publics les plus exposés sont ainsi réunies dans une seule feuille de route.

Le plan s’organise en quatre axes et dix objectifs :

  • Axe 1 : promouvoir la culture de prévention ;
  • Axe 2 : prévenir les risques professionnels ;
  • Axe 3 : préserver la santé tout au long de la vie professionnelle ;
  • Axe 4 : anticiper et gérer les crises et les risques émergents.

Il sera décliné localement par les DREETS dans les plans régionaux santé au travail. Chaque action dispose d’indicateurs de suivi, et une clause de revoyure permettra d’ajuster le plan en cours de route.

Les cinq priorités du PST5

Le plan met l’accent sur la prévention primaire, c’est-à-dire agir avant l’accident, la maladie ou la désinsertion professionnelle. Cette logique se traduit par cinq priorités :

Priorité Ce que prévoit le plan
Accidents graves et mortels Renforcer l’accueil, l’information et la formation des jeunes, nouveaux arrivants et intérimaires
Santé des femmes au travail Évaluation des risques différenciée selon le sexe, EPI adaptés, prévention des violences sexistes et sexuelles
Risques émergents Outiller employeurs et SPST face au dérèglement climatique et aux conduites addictives
Absentéisme Agir sur les causes liées au travail et accompagner les retours après arrêt
Santé mentale et RPS Offre d’accompagnement plus lisible, secourisme en santé mentale, charte d’engagements lancée en 2025

Ce qui change concrètement pour les employeurs

Le DUERP doit devenir un plan d’action

C’est le premier objectif du plan : transformer le document unique en un plan d’action hiérarchisé, suivi et adapté aux risques réels de l’entreprise. Un DUERP mis à jour une fois par an sans suivi des mesures ne répond plus à cette attente.

Les nouveaux risques entrent dans l’évaluation

Le PST5 élargit le champ de l’évaluation des risques. Plusieurs sujets doivent désormais y trouver leur place :

  • les fortes chaleurs, avec des mesures d’organisation concrètes sur le terrain ;
  • les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST), reconnues comme un risque professionnel à part entière ;
  • les différences d’exposition entre femmes et hommes, y compris dans le choix des équipements de protection ;
  • les conduites addictives, les PFAS, le radon ou encore les effets de l’intelligence artificielle générative sur le travail.

À noter : une proposition de loi déposée le 3 mars 2026 à l’Assemblée nationale vise à renforcer les obligations des employeurs en matière de prévention des VSST.

Une attention particulière à la première année

Les nouveaux arrivants concentrent une part importante des accidents graves. Le plan demande de renforcer leur accueil et leur formation dès la prise de poste. Pour les intérimaires, cela suppose une coordination étroite entre l’entreprise utilisatrice et l’agence d’emploi.

L’usure professionnelle et le maintien en emploi

L’axe 3 cible la détection précoce de l’usure professionnelle, notamment chez les salariés seniors. Le Fonds d’investissement pour la prévention de l’usure professionnelle (FIPU) est prolongé pour financer des actions de prévention des risques ergonomiques.

Ce que cela implique pour les entreprises

Le PST5 ne change pas le cadre légal du jour au lendemain. Mais il indique clairement sur quels sujets les entreprises seront attendues d’ici 2030. Trois points de vigilance ressortent :

  • Faire vivre le document unique. Chaque risque évalué doit déboucher sur une action, un responsable et une échéance. En cas de contrôle ou d’accident du travail, c’est ce suivi qui démontre la réalité de la démarche de prévention.
  • Mettre à jour l’évaluation des risques. Chaleur, VSST, différences femmes-hommes, nouveaux arrivants : ces sujets doivent apparaître dans le DUERP dès la prochaine mise à jour.
  • Associer les équipes et les représentants du personnel. Le plan mise sur le dialogue social. Les salariés et les élus du CSE sont les mieux placés pour faire remonter les situations dangereuses et les presqu’accidents du terrain.

C’est précisément ce que permettent les modules évaluation des risques et plans d’actions d’Acciline+ : tenir à jour le document unique, transformer chaque risque identifié en action suivie avec ses responsables et ses échéances, et piloter l’avancement de la démarche de prévention, en phase avec les priorités du nouveau plan santé au travail.

 

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